BRETAGNE - Les enseignants contents de reprendre malgré un contexte inédit

01/09/2020

BRETAGNE - Les enseignants contents de reprendre malgré un contexte inédit

Photo : À l’heure d’une rentrée très particulière, ce mardi, les enseignants se disent heureux de retrouver les salles de classe et les élèves. (Photo Vincent Michel / Le Mensuel)

 

Bien sûr il y a des contraintes sanitaires qui pèseront. Mais il y a aussi, chez les enseignants, la joie de retrouver des élèves en chair et en os en ce mardi de rentrée.

« Joie ! » C’est le premier mot qui sort de la bouche de Shirley Lebailly, enseignante de SVT en collège et en lycée (privé), à Vitré (35). « J’ai hâte de retrouver mes élèves demain, confie-t-elle ce lundi, alors que sa journée de pré-rentrée vient de s’achever. Et oui, clairement, je ressens de la joie de les retrouver, tous, en présentiel. C’est en face-à-face que la relation s’établit le mieux, pour ainsi découvrir leurs besoins et leurs attentes : ce relationnel sera bien plus simple qu’à distance ».

Les difficultés liées au contexte sanitaire, l’enseignante ne les met pas sous le boisseau, néanmoins, elle les laisse à leur place : « Je suis sereine, parce que nous sommes prêts ! Et puis le confinement nous a permis de développer notre créativité, nous a fait développer des compétences nouvelles, ainsi qu’aux élèves et à leurs parents, sur le numérique notamment ».

« L’occasion de raccrocher les wagons »

Cette confiance, Sébastien, qui enseigne en lycée professionnel (public) dans le Finistère, l’évoque lui aussi : « La pré-rentrée s’est bien passée. Les protocoles sont là, nous avons échangé entre nous, les choses se disent et c’est bien : du coup, la confiance est là ».

Ces deux enseignants ont tous à l’esprit qu’ils vont retrouver des élèves avec des besoins et des niveaux divers, en fonction de la façon dont la continuité pédagogique leur a été plus ou moins profitable. « Lors d’une réunion, nous avons également abordé le sujet de la continuité pédagogique et le cas d’élèves qui ont décroché ces derniers mois, poursuit Sébastien. Cette rentrée c’est l’occasion pour tous de raccrocher les wagons. »

Shirley Lebailly sait, elle aussi, que le mot d’ordre va être de mesurer ce qui a été acquis… Et ce qui ne l’a pas été. « On va prendre le temps d’identifier les besoins de chaque élève, quitte à encore davantage individualiser leur suivi, et en même temps, il va falloir aussi respecter le programme, ça fait pas mal de challenges ! »

« Optimisme, bon sens et professionnalisme »

Roland Martot enseigne l’histoire-géographie en filière bilingue au collège Lamennais Cap Sizun, à Pont-Croix (29). « Les élèves vont apprendre à dire "masque" en breton, on dit « maskl », sourit-il. « On sait bien que cela va être super-particulier comme rentrée, mais nous nous devons de prendre les choses avec optimisme, bon sens et professionnalisme afin d’accompagner au mieux les jeunes de nos établissements : si nous, on arrête d’avoir confiance en l’avenir, en leur avenir, pour eux, ce serait un message terrible ! ». Pour cet enseignant, l’idée de recréer la communauté éducative est très importante : « Nous sommes une communauté : avec les élèves, les encadrants, mais aussi entre nous, les enseignants. Nous sommes heureux de nous retrouver aussi entre profs ! Même si on avait gardé contact, nous sommes une salle des profs unie, ça va faire du bien de se revoir ». Sébastien témoigne dans le même sens : « Je suis vraiment satisfait de retrouver les salles de cours et mes élèves. Je pense que c’est le sentiment général. Il est temps pour tout le monde, professeurs et élèves de se retrouver. Ça donne un cap ».

Le mot de la fin, c’est Roland Martot qui le partage, en breton : « Ni a zalc’ho mat atav ha gwelloc’h e vo an dazont ! », ce qui signifie : « Nous serons toujours fidèles au poste pour que l’avenir soit meilleur ! »

Article extrait du Télégramme, disponible en suivant ce lien