CLEDER - Montessori. Dans une classe bilingue à Cléder

28/04/2019

CLEDER - Montessori. Dans une classe bilingue à Cléder

La pédagogie Montessori est de plus en plus connue comme méthode d’enseignement scolaire. À Cléder, au sein de l’école Saint-Joseph, l’enseignant bilingue Stéphane Le Gall a doucement mis en place cette méthode au sein de sa classe de multiniveaux depuis cinq ans.

Le calme. C’est ce qui frappe le plus en entrant dans la classe de Stéphane Le Gall, enseignant bilingue en maternelle à l’école Saint-Joseph de Cléder. Pourtant, les élèves, des enfants entre 2 et 6 ans, sont bien là, 21 au total en cette matinée d’avril et détail d’importance, ils ne dorment pas. Ils sont au contraire en « atelier » comme ils l’ont décidé eux-même sur toute la superficie de la classe. Ici et là, de petites filles sont attelées à la fabrication de bijoux : bracelet et bague à l’aide de papier, ciseau et colle… Un peu plus loin, un frère et sa petite sœur lisent une histoire, à quelques centimètres d’eux, une petite fille dresse des cubes dans une construction réfléchie… Une scène de classe avant la récréation du matin.

« Ne pas déranger quelqu’un qui travaille »

« La règle en classe est de ne pas déranger quelqu’un qui travaille », explique l’enseignant. Au vu du calme régnant, elle semble intégrée par tous. Même par cette petite fille qui démarre son premier jour d’école, suce et doudou à l’appui. Une autre, plus âgée et initialement en classe monolingue, a également fait sa rentrée. « Pour la méthode Montessori », glisse l’aide maternelle Béatrice Faujour, qui veille au bon déroulement des ateliers, soutient les élèves en glissant de petits mots en breton ou rappelle les « pauses pipi » nécessaires aux plus petits.

L’expérimentation de Céline Alvarez

La « méthode Montessori »… Pour les uns, c’est une manière d’enseigner qui fait actuellement parler d’elle à travers les médias, les ouvrages consacrés en librairie, les jeux éducatifs. Pour Stéphane Le Gall, précisément, qui a intégré cette pédagogie il y a cinq ans, l’intérêt est au rendez-vous : « cette pédagogie basée sur l’individualisation date du début du XXe siècle. Elle bénéficie en France d’un regain d’intérêt depuis une expérimentation de trois ans menée par Céline Alvarez dans une école de ZEP avec des résultats impressionnants en terme d’apprentissage, mais aussi d’autonomie et de socialisation ». Convaincu, l’enseignant bilingue, qui a derrière lui 18 ans d’ancienneté, s’est ainsi doucement orienté vers cette pédagogie. Une bascule dans l’enseignement qu’il estime possible en « trois ans », « le temps nécessaire pour fabriquer soi-même beaucoup de matériel » et « habituer progressivement les enfants à travailler de manière individuelle et autonome ».

L’individualisation à la base

Concrètement, la pédagogie est basée sur l’individualisation. La classe n’est plus pensée comme un groupe homogène mais comme un groupe avec des enfants différents, qui « ont des élans naturels d’apprentissage différents », selon sa formule et des âges différents. « Inspirée par la vie familiale où personne n’a le même âge, Montessori a démultiplié la transmission au sein de la classe : l’enfant apprend autant de ses camarades que du maître ». Le maître mot : l’observation. Les enfants passent du temps à s’observer les uns les autres, « les plus petits bénéficient de l’exemple des plus grands ». Cette condition est d’ailleurs remplie avec des classes multiniveaux où petits et grands se côtoient. Pour l’enseignant de 40 ans, « l’individualisation du travail offre donc en permanence des occasions d’observation qui préparent proprement dit le moment de l’enseignement ».

Regard sur le bilinguisme

Au fil des ans, au sein de sa classe bilingue et de son expérience, Stéphane Le Gall s’est forgé un point de vue : « la méthode Montessori s’est adaptée facilement aux spécificités de la langue bretonne ». Et de développer : « si la numération est un peu plus complexe en breton, le codage orthographique est, en revanche, plus simple. Le déclic lecture a lieu en breton en général avant la fin de la maternelle et le CP n’est plus un moment anxiogène mais simplement le réinvestissement des compétences de décodage dans la langue maternelle ». L’heure de fin de la récréation sonne, l’enseignant se lève et commente : « Maintenant, nous allons faire un atelier au jardin ».

Pratique
Portes ouvertes de l’école Saint-Joseph le vendredi 3 mai de 16 h 30 à 18 h 30.
 

Article extrait du Télégramme, disponible en suivant ce lien

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