LANDERNEAU - Métiers : le breton s’illustre au forum Stumdi

19/03/2019

LANDERNEAU - Métiers : le breton s’illustre au forum Stumdi

Organisé par Stumdi, le sixième forum sur les métiers liés à la compétence langue bretonne a attiré un large public, ce mardi après-midi, au Family. Des collégiens, des adultes formés au breton ou prêts à franchir le pas. Tous encouragés par la découverte d’un panel de métiers qui s’élargit.

La sixième édition du forum sur les métiers liés à la compétence bretonne pouvait espérer franchi la barre des 300 visiteurs, ce mardi après-midi, au Family. Ce qui pourra paraître peu en valeur absolue mais plutôt encourageant au regard de la situation toujours délicate de la langue. D’autant que des visiteurs ne parlaient pas breton, « mais ont en projet de l’apprendre », se réjouit Lara Le Jeune, de Stumdi.

La formation pour adulte de l’institut basé à Landerneau ou de son homologue de DAO, les parcours universitaires de Rennes et de l’UBO ont déployé les pistes pour s’y mettre. Les autres exposants présents à ce forum ont montré les multiples façons de concilier la maîtrise de la langue régionale avec une profession.

Le trait nouveau du « Krank du »

L’enseignement, les médias, l’édition, la traduction, le tourisme, l’administration… tous ces secteurs dans lesquels le breton constitue la matière première évidente se trouvaient naturellement représentés. Mais pas que. Nouveau venu, le « krank du » (crabe noir) a apporté une touche inédite. Mathieu Le Guen, fondateur de cette société, exerce dans le graphisme et l’illustration.

Salarié d’une entreprise de meubles réputée, l’agenceur passé par l’école Boulle, a renoué avec sa passion pour la photo, le design et le graphisme dans un autre format professionnel. Un risque assumé. Créée en novembre, sa société « Krank Du » espère passer la marée de l’été prochain, lorsque les aides au lancement se seront diluées. Mathieu Le Guen peut y croire. Il a le trait talentueux. Et un atout supplémentaire qu’il valorise. Il a appris le breton.

« On se comprend mieux en breton »

« J’ai ressenti un manque », explique le trentenaire, installé depuis 20 ans à Plougastel et sonneur du bagad. Un besoin de parler la langue de sa région qu’il a assouvi en suivant la formation de 9 mois chez Stumdi, l’an passé. Des mois de découvertes d’expressions « très imagées et pas du tout ringardes » qui lui ont donné l’inspiration de dessins humoristiques naïfs saisis dans son carnet de stagiaire. Quelques-uns ornent des cartes ou des badges.

Son travail a tapé dans l’œil de quelques entreprises ou institutions locales utilisant le breton. Cependant, les mots n’apparaissent pas systématiquement dans ses créations. Mathieu Le Guen se présente avant tout comme un graphiste. Le breton reste toutefois constamment au cœur de son métier : « Quand je parle d’un projet d’illustration avec les gens de la redadeg, nous le faisons en breton. On se comprend mieux. On ne voit pas les choses de la même façon en français ou en breton », ressent-il, sans émettre de jugement de valeur. « Mon défi maintenant, c’est de tout faire en breton. Et d’en vivre ».

Article et photo du Télégramme, disponible en suivant ce lien