LANDERNEAU - Quand le breton donne du « startijenn » professionnel

12/03/2020

LANDERNEAU - Quand le breton donne du « startijenn » professionnel

Laëtitia Demaire (à gauche), six mois de formation intensive au breton chez Stumdi et aujourd’hui chargée de développement et de recrutement du réseau de crèches en breton « Babigoù ». (Le Télégramme/Yann Le Gall)

Le forum Stumdi a rencontré le succès, lundi après-midi, au Family, à Landerneau. Des centaines de scolaires et adultes ont entendu les témoignages stimulants d’horizons professionnels élargis grâce au breton.

Lundi après-midi, au Family, le septième forum Stumdi a de nouveau mis en relations ses stagiaires adultes apprenant le breton, des élèves de différentes filières bilingues du secteur ou des particuliers prêts à se lancer dans cet apprentissage avec des professionnels qui ont placé la langue bretonne aux cœurs de leurs métiers. Une spécialité linguistique en expansion, comme en atteste, précisément, la consistance du plateau réuni par le forum : 32 stands, soit cinq de plus que l’an passé.

Du breton hors du berceau

On retrouvait des habitués des maisons d’édition, des médias, de la communication, des responsables de filières d’apprentissage… Et quelques nouveaux. Parmi eux, Laëtitia Demaire, chargée du projet de développement du réseau de crèches en breton « Babigoù Breizh », comptant actuellement trois structures d’accueil à Saint-Herblain, Rennes et Vannes. Preuve, au passage, que le breton s’épanouit aussi au-delà du berceau de la Basse-Bretagne.

Langue d’assistante maternelle

Nantaise d’origine, Laëtitia Demaire n’a pas été baignée par les accents léonards dans son enfance, contrairement à ses enfants, scolarisés à Sarzeau dans une école du réseau Div Yezh. Elle a pourtant décidé de s’immerger personnellement dans cette langue bretonne en suivant les six mois de formation intensive de Stumdi. Pas seulement pour le plaisir et l’enrichissement culturel : « Je voulais explorer une nouvelle piste de valorisation de mon expérience professionnelle », explique la fondatrice d’une maison d’assistantes maternelles, dans la cité des Ducs de Bretagne.

Recrutement

« Le réseau Babigoù recherchait justement des pros de la petite enfance qui parlent le breton. Après ma formation à Stumdi, j’ai tout de suite été embauchée ». Un exemple particulier qu’elle incite à suivre : « Nous cherchons constamment à recruter du personnel bretonnant et diplômé dans les métiers de la petite enfance », indique la représentante d’un réseau qui étudie des ouvertures de crèches à Brest, Quimper et Nantes.

Pour rendre service à toutes les familles intéressées, bretonnantes ou non : « Dans notre crèche rennaise, située en zone prioritaire, on entend neuf langues différentes. C’est hypercosmopolite. Avec beaucoup d’échanges culturels ». Peut-être pour cela que le breton s’y sent bien.

Article extrait du Télégramme, disponible en suivant ce lien