Stal.bzh. Les commerces où on parle breton sont géolocalisables

08/06/2019

Stal.bzh. Les commerces où on parle breton sont géolocalisables

Comment faire ses courses, passer une commande au restaurant ou appeler son couvreur en breton ? En tapant stal.bzh sur internet dès ce samedi, jour de la Fête de la langue bretonne. 500 références de professionnels devraient être géolocalisées d’ici à la fin de l’année sur la nouvelle application. Une belle pub pour les commerces et entreprises concernés !

« On veut sortir la langue du milieu culturel et scolaire », annonce l’ingénieur Divi Kerneis, trésorier des Mignoned ar Brezhoneg. Après des mois de préparation et une aide de l’Europe, l’association morbihannaise lance officiellement son site web régional et une application pour « faire vivre le breton au quotidien ». La démarche est inédite : stal.bzh géolocalise et donne les coordonnées des entreprises et artisans qui font un effort pour faire vivre la langue, en évitant l’écueil du « breizh washing ». « Nous les classons sur plusieurs niveaux qui varient selon leur implication », explique Divi Kerneis. Les mieux « notés » parlent couramment la langue, font de l’affichage bilingue, organisent des visites en breton et soutiennent activement la Redadeg (relais au profit de la langue bretonne) ou toute autre manifestation de solidarité. 1 000 entreprises ont été contactées. Progressivement, l’annuaire numérique se remplit. Mais on est encore loin du compte. Le breton va-t-il devenir un atout de poids pour les chefs d’entreprise et les artisans ? Le directeur de l’association Produit en Bretagne qui soutient la démarche, Malo Bouëssel du Bourg, en est persuadé.

 

Élargir la clientèle

Parmi les premiers inscrits, les frères Guéguen, boulangers à Quimper, répondent volontiers à cette interrogation. Eux qui ont baptisé le commerce familial « Pains et Kouign » (gâteau) n’ont pas attendu la nouvelle application pour échanger en breton avec leurs clients. « Les gens aiment ça. Il suffit de quelques mots pour ceux qui ne maîtrisent pas bien. Avec les enfants de Diwan - l’école n’est pas loin - on apprécie de rester discuter. On voit les familles aussi… De temps en temps, des visites de l’atelier sont organisées en breton », se félicitent Alain Guéguen, son frère et deux de ses vendeuses. « Le breton a sans doute permis de fidéliser les clients et d’en faire venir d’autres, car le réseau breton est important. Avec stal.bzh, on ne va pas faire 20 % de plus, mais ça va nous donner une plus grande visibilité. Ce n’était pas le but. Au départ, mon frère et moi, on a appris le breton pour parler avec notre mère dont c’est la première langue ».

 

Produire local et parler breton

Pour Elisabeth Plassard et Loïk de Ferandy, dirigeants fondateurs de la Marmite bretonne (Plougoumelen - 56), apposer des étiquettes bilingues sur leurs conserves et ouvrir une boutique de vente directe où l’on peut éventuellement parler breton avec le patron, ça tombait sous le sens. « La conserverie est attachée à la Bretagne dans toute sa diversité, aux produits comme à la langue ». Question de cohérence. Même si tous ne parlent pas breton dans l’entreprise, les consignes de sécurité sont bilingues et l’on se salue en breton tous les jours. « De toute façon, le capital sympathie pour la Bretagne est tel que l’entreprise bénéficie d’une aura positive. » Le plus grand horticulteur de Bretagne, Fleurs des sept îles, est lui aussi implanté à Plougoumelen. Loïc Cheval et sa fille Gwennan ont décidé de faire monter en puissance le breton dans l’entreprise (affichage, flyers, etc.).

En introduisant le breton au milieu des plantes par plaisir, ils comptent bien aussi donner une « image positive » de leur entreprise. Un cordonnier de Brest, une crêperie de Quimperlé et même un infirmier figurent aussi sur l’annuaire numérique qui sera inaccessible avant samedi.

Article extrait du Télégramme, disponible en suivant ce lien